Combat de l’année 2019: Naoya Inoue vs Nonito Donaire ou Artur Beterbiev vs Oleksandr Gvozdyk

Publié par

Bien que 2019 nous ait donné de grandes actions chez les poids lourds – la victoire choquante d’Andy Ruiz sur Anthony Joshua, les deux KO grésillants de Deontay Wilder, pour ne citer que ceux-là – 2019 était plutôt l’année des petits hommes.

Terribles petits combattants d’action tels que Kosei Tanaka (qui a un autre combat à venir cette année, la veille du Nouvel An), Moruti Mthalane, Shakur Stevenson, Devin Haney et Teofimo Lopez nous ont bien gâtés et ont tous passé une belle période durant ces douze derniers mois.

Le combat de l’année 2019

Le 7 novembre, au Japon, dans un combat disputait pour deux titres mondiaux et le trophée Muhammad Ali de la World Boxing Super Series, un pur puncheur mortel a rencontré un futur Hall of Famer. Et les actions était incroyables. Les poids coqs Naoya Inoue et Nonito Donaire nous ont peut-être donné non seulement le meilleur de cette année, mais probablement aussi un combat pour les âges.

Inoue, connu sous le nom de «Monster», avait 18-0 lors quand il est entré dans le ring, détenteur du titre IBF poids coq. Le Japonais de 26 ans avait marqué les esprits par une série de destructions méthodiques de ses adversaires les uns après les autres. Il a écrasé ses huit derniers concurrents. Les trois derniers, il les a coupé en morceaux dans les deux tours.

Donaire, connu sous le nom de «The Filipino Flash», est arrivé avec un grand livre qui inspire le respect de 40-5 combats, dont 26 par KO, contre les grands noms. Donaire était le roi régnant sur la division poids coq. Mais ce soir face Inoue, le Philippin n’était qu’à quelques jours de son 37ème anniversaire. La jeunesse et le pouvoir d’Inoue seraient-ils trop pour Donaire? Le Philippin serait-il la dernière victime du pouvoir brutal du destructeur japonais?

L’action était à la fois excitante et envoûtante. La plupart des fans s’attendaient en effet à ce que le Philippin soit traité de la même manière par Inoue: abattu, comme ses précédentes victimes, dans les premiers rounds. Mais l’action ne s’est pas arrêtée et, assez vite, les fans de boxe ont commencé à comprendre qu’ils assistaient à un classique moderne. Donaire a tout de suite montré qu’il n’était pas fini et qu’il était toujours aussi dangereux à chaque seconde du combat. On n’a jamais vu Inoue combattre avec de la peur ou de l’inquiétude sur le visage. Il a toujours été le combattant offensif, dominant, limite arrogant face à ses adversaires. Mais ce soir-là les choses avait changé.

En même temps que son public, Inoue prenait conscience que ça allait être plus dur que ce qu’il pensait. Donaire n’était pas venu au Japon pour manger leur pâtisserie au matcha mais pour se battre dur, en se rendant fermement au corps du Japonais sans hésiter, jetant des combinaisons à couper le souffle et testant le menton du Japonais à de nombreuses reprises. Donaire a forcé les observateurs à commencer à admettre qu’un bouleversement pourrait bien avoir lieu d’un moment à l’autre, ou plus tard sur les cartes. Du sang coulait déjà du nez d’Inoue.

Coupé également au-dessus de l’œil droit par un gros coup de poing de Donaire au deuxième tour, Inoue était déjà sans aucun doute dans le combat le plus dur de sa carrière, mais on voyait qu’il y croyait et qu’il n’allait pas abandonner. Donaire, d’ailleurs, n’a pu faire ce qu’il a fait à Inoue qu’après avoir lui-même pris des photos infernales du « Monster. » Si un fan était amené à penser qu’il pourrait y avoir un bouleversement possible, ce même fan se demandait certainement combien Donaire devait prendre pour poser un genou par terre. Frappé fort et touché à plusieurs reprises, Donaire, qui n’a été arrêté qu’une seule fois au cours de sa longue carrière, a tout pris et a continué à venir pour clouer Inoue avec des frappes massives qui faisaient hurler les fans japonais.

Inoue a dû creuser profondément pour rester debout dans les rounds de championnat. Le héros local a dû se demander lui-même comment diable a-t-il pu prendre ce qu’il a pris tout en ayant encore la force de boxer. Sa ténacité s’est confirmée au 11ème round, quand on a vu Donaire toucher finalement la toile grâce à un tir au corps qui a dû couper le souffle du Philippin.

Donaire a été gravement blessé, mais dans un style à la Arturo Gatti (pensez au round 9 lors de sa première épopée face à Mickey Ward), il a survécu et a atteint la fin du tour. Une manche incroyable. Le genre de round qu’on voit dans les combats de l’année.

Peut-être qu’Inoue savait qu’il était en avance lorsque la cloche a sonné pour annoncer la fin du combat, ou peut-être pas. C’était proche, beaucoup plus proche que ce que le laissent croire deux des cartes officielles. Qu’importe. Ce combat de novembre doit être placé aux côtés des grands classiques tels que Barrera-Morales.

Inoue a montré beaucoup de choses dans le combat: le menton, le cœur, la capacité à surmonter une mauvaise coupe, la faculté à vaincre la panique, de l’endurance, et le courage d’y aller alors qu’il est apparu plus tard qu’il avait subi une fracture de l’os orbital. Quant à Donaire, il nous a donné, comme il l’a promis, une performance pour les âges.

Ensemble, ces deux petits géants nous ont peut-être donné le meilleur combat de l’année 2019. Mais se serait malhonnête de ne pas citer le combat qui pourrait leur ravir la première place: l’affrontement rempli d’actions entre les deux talentueux mi-lourds, Artur Beterbiev et Oleksandr Gvozdyk.

beterbiev1

Deux invaincus, deux ceintures, le titre linéaire mondial des mi-lourds également en jeu, deux forces de la nature, les deux meilleurs mi-lourds sur terre, la Russie contre l’Ukraine dans la plus grande unification depuis Ward contre Kovalev, se sont affrontés avec une brutalité et une détermination incroyables. C’était très violent mais le combat était aussi très technique. Les deux guerriers d’élite ont oeuvré chacun dans leurs styles respectifs. Gvozdyk avait tout donné, jeté tout ce qu’il pouvait à la première cloche. On plissait les yeux devant les énormes coups de couteau qu’il envoyait sur Beterbiev. Ce n’étaient pas des tirs pour assommer quelqu’un mais pour le tuer. En face, une force inhumaine avançait sur lui sans sourciller, encaissant trop de coups terrifiants et atterrissant en retour avec une hallucinante fermeté, chargeant l’Ukrainien avec une pression de tous les diables. C’était une performance quasi similaire à la façon dont Beterbiev avait éliminé Gvozdyk dans les rangs amateurs. Mais cette fois-ci, c’était du grand art de la part des deux boxeurs. Probablement le combat de l’année 2019.

A LIRE : La talentueux Oleksandr Gvozdyk n’a eu aucune chance face à un Beterbiev méthodique, déterminé et sans pitié [vidéo]

A LIRE : Une offre de 1,9 million $ remportée par une obscure agence chinoise pour le combat d’Artur Beterbiev vs Fanlong Meng



Un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s