Un mort, une vie brisée et la boxe à jamais changée : Mancini – Kim, histoire d’un drame

GRANDS RECITS – Mancini – Kim, c’est l’histoire d’un combat qui a tourné au drame, engendré d’autres tragédies et changé le cours de l’histoire du noble art. En novembre 1982, le Sud-Coréen, challenger officiel au titre mondial chez les légers, meurt après sa défaite face à Ray Mancini, 21 ans et superstar naissante. L’Américain, bourreau malgré lui, n’a plus jamais été le même, la boxe non plus.

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C’est toujours mardi, et c’est toujours Grands Récits. Notre série vous propose de vous plonger dans la folle histoire du sport, entre pages de légendes, souvenirs enfouis et histoires méconnues. Toujours à hauteur d’hommes. Jusqu’à la fin du mois de février, place aux destins brisés du sport. Dans ce huitième volet, retour sur un drame sur le ring.


« Ça fait quoi de tuer un homme de ses mains ? De l’envoyer au tapis et de savoir qu’il ne se relèvera pas ? » On ne devrait jamais poser ce type de questions. Pas plus qu’on ne devrait avoir à y répondre. La première fois où il a été confronté à des indélicats en mal de sensations fortes, au fond d’un restaurant où il s’était réfugié pour échapper à la lumière crue des événements et à ses remords, Ray Mancini n’a pas trouvé les mots. Ses poings avaient déjà parlé pour lui, surinterprétant son désir de victoire et sa rage de vaincre.

Mancini est resté sans voix, aussi, parce que sa victime n’avait pas encore succombé à ses blessures. Ce n’était qu’une question d’heures. Il le savait. Le monde entier le savait. Mais Duk Koo Kim n’était pas encore mort, maintenu dans ce bas monde par un respirateur artificiel qui allait bientôt être débranché afin de laisser le malheureux jeune homme de 23 ans passer de vie à trépas, quatre jours après le Championnat du monde WBA ayant opposé les deux boxeurs. De deux ans son cadet, Ray Mancini, présent et futur de la boxe US, se voyait lui condamné à une vie de contrition et de culpabilité qui suivraient chacun de ses pas jusqu’à son dernier souffle.

Etre condamné à un tel fardeau quand on est à peine entré dans sa vie d’adulte est un châtiment que personne ne mérite. Surtout lorsque l’on ne s’est rendu coupable d’aucun crime. Parce que si Ray Mancini a tué Duk Koo Kim sur le ring et qu’il n’y a pas matière à débattre sur un fait établi dont l’Amérique a été témoin sur CBS à une heure de grande écoute, sa responsabilité n’engendre aucune culpabilité. Pénale, il s’entend. Parce que moralement, Mancini et son âme tourmentée n’ont jamais trouvé de répit. D’autant que les événements du 13 novembre 1982 ont eu des conséquences bien au-delà de la disparition d’un homme. Un énième remake de l’effet papillon, version pugilistique cette fois.

Born in (Crimetown) USA

Parler de Ray Mancini, c’est plonger tête la première dans l’Amérique de l’entre-deux géographique. Youngstown. Ohio. La ville qui l’a vu grandir se situe à égale distance de New York et de Chicago sur l’Interstate 80 et au milieu de nulle part puisque le coin, « lové » au cœur de la « rust belt » (« ceinture de la rouille »), n’a pas grand-chose à offrir depuis les années 70 qui ont vu US Steel débarrasser le plancher et laisser le cocktail chômage, violence et crime organisé prendre les rênes d’une cité surnommée « Crimetown, USA » pour les raisons que vous imaginez. Pour prendre la mesure de la splendeur et la misère de Youngstown, il faut écouter Bruce Springsteen, qui a consacré l’une de ses chansons à cette ville qui n‘a rien à exposer en vitrine et reste désespérément cloitrée dans l’arrière-boutique de l’Oncle Sam.

Parler de Ray Mancini, c’est aussi se pencher sur ses origines. Et s’attarder sur son père, Lenny. Parce que « Boom Boom » n’aurait pas existé sans… « Boom Boom », qui fut le surnom de son paternel de boxeur avant d’être celui du jeune Raymond, né le 4 mars 1961. Et Lenny Mancini, ce n’est pas n’importe qui. Le premier champion du monde de la famille aurait pu, et même dû, être lui. Passé pro en 1937, il devient le challenger officiel au titre mondial des légers en mai 1941. Mauvais timing. Les bombardiers japonais déversent leur fureur sur Pearl Harbour le 7 décembre suivant.

Sa carrière est mise entre parenthèses. Ses combats, il les mènera dans l’infanterie jusqu’à être blessé en 1944 du côté de Metz. « Sévèrement touché mais pas KO », selon ses dires, daddy Mancini rentre au bercail après la capitulation nippone. Mais Lenny a laissé passer ses rêves de grandeur. Le jeune Ray n’aura qu’une ambition, résumée par ces mots de gosse : « Devenir champion du monde pour papa ».

Chez les Mancini, Ray n’est pas le seul à se destiner à une carrière gantée. Lenny Jr, de six ans son aîné, est aussi sur le coup. Mais il perdra la vie à 25 ans dans des conditions brumeuses. Sa petite amie de l’époque, une fille pas très fréquentable, lui aurait accidentellement tiré dessus. Le jour de la Saint-Valentin. Putain de destin. « Mon frère était un bien meilleur boxeur que moi, assure Ray Mancini dans le documentaire ‘The Good Son’ qui lui a été consacré en 2013. La seule chose qui lui manquait et que j’avais : la discipline ». Ray n’est pas le plus talentueux. Mais son envie et son opiniâtreté gomment généreusement ses défauts. Mancini est un bourreau de travail qui a compris que le noble art était le seul exutoire à une vie morne et longue ou délictueuse et éphémère.

Ray Mancini, c’est aussi l’histoire du bon gars, au bon endroit, au bon moment. Parce que l’envol du descendant d’immigrés italiens intervient dans un contexte des plus favorables à son explosion, médiatique notamment. Quand il passe professionnel en 1979, la boxe ne se résume plus aux poids lourds. Le règne d’Ali a pris du plomb dans l’aile et, surtout, les Etats-Unis ont eu la bonne idée de réussir leurs JO de 1976 dans des proportions plus que remarquables : 5 champions olympiques, dont les frères Spinks (Leon et Michael) et, surtout, Sugar Ray Leonard. La boxe retire ses œillères.

D’autant qu’un allié fictif mais de poids est récemment venu renforcer la naissance pugilistique de Mancini. Depuis 1976, un certain Rocky est entré dans les foyers américains. Récompensée par l’Oscar du meilleur film en 1977, l’histoire de ce fils d’immigrés italiens, vivant avec peu dans une ville gangrénée par la violence et le chômage, n’est pas sans rappeler l’existence d’un autre.

Rocky et Ray se ressemblent. Comme Balboa, Mancini rate sa première chance mondiale. La seconde sera la bonne. Le 8 mai 1982, au terme du vingt-quatrième combat professionnel de sa carrière, il dégomme Arturo Frias avant la fin de la première reprise. « C’est le plus grand moment de ma vie. Rien n’est comparable à ça ». Mancini est champion du monde. Il l’avait dit. Il l’a fait et devient une immense star. On le voit aux côtés de Ronald Reagan, Mickey Rourke, Billy Crystal et, bien évidemment, du « vrai » Rocky Balboa, Sylvester Stallone. A 21 ans, il est au sommet. Dans six mois, sa carrière et sa vie basculeront.

 

Une défense de titre plus tard, le voici opposé à un inconnu, Duk Koo Kim. Le Sud-Coréen de 23 ans a été propulsé challenger numéro 1 par la WBA, décision quelque peu discutable et discutée. Qui est Kim ? Bonne question. De ce côté-ci de l’Atlantique, personne ne sait trop ce que vaut et d’où vient ce boxeur. Ray Mancini est juste persuadé d’une chose : « Je sais que je vais en manger quelques-unes ». Kim est champion d’Asie. Il n’est pas un grand combattant. Mais un battant.

Vegas, « on dirait le paradis »

Si Mancini s’est construit au nom du père, Kim a fait sans puisque le sien a perdu la vie alors qu’il avait 2 ans. Lui aussi est issu d’une famille pauvre et d’une région qui n’a pas grand-chose à offrir. Sinon une vie de misère et d’espérances déçues pour seules perspectives. Duk Koo, né en 1959, a vécu sa « tendre » enfance du côté de Banam, cité portuaire perdue au nord d’un pays coincé entre la mer et un voisin devenu encombrant.

Sa première rencontre avec le noble art est contrainte. Parce que l’un de ses demi-frères l’envoie régulièrement au milieu d’un ring virtuel échanger des coups avec des enfants du coin. Et force est de constater que le petit Kim se défend plutôt bien. Si l’histoire ne s’était pas terminée dramatiquement, Duk Koo aurait pu chaudement remercier son bourreau de demi-frère pour l’avoir mis sur la voie.

Un jour, Duk Koo décide de quitter Banam, sa mère et sa famille recomposée. Il file à Séoul où il vivra sous un pont, survivant grâce à de petits boulots successifs, de cireur de chaussures à guide touristique. Ça n’enrichit pas son homme mais ça le nourrit. Heureusement, il y a la salle et la boxe. Le talent du jeune homme ne saute pas aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais il encaisse.

Duk Koo Kim

 

Un jour, il écrira dans son journal “la pauvreté est mon professeur”. Tout est résumé. Kim rêve de sortir de la rue. Ses poings seront sa lumière. Ce que confirmera à son tour et bien plus tard Mark Kriegel, biographe de Mancini. « Il n’était pas un très bon combattant mais il n’avait pas d’autre alternative. Il a combattu parce qu’il avait faim ». A force de persévérance, il finit par être sacré champion de Corée du Sud et d’Asie en 1980. Et pointe son nez dans les classements mondiaux.

Le jour où il s’envole pour le Nevada et Las Vegas, Kim présente un bilan de 17 victoires (dont 8 par KO), 1 défaite et 1 nul. La WBA l’a désigné challenger officiel au titre des légers détenu par Ray Mancini. Le combat se déroulera au Caesars Palace, devant 6500 spectateurs dont un particulier, Frank Sinatra qui, lui aussi, n’a d’yeux que pour Ray Mancini. Comme le reste de l’assistance, « The Voice » imagine que « Boom Boom » ne va faire qu’une bouchée du Sud-Coréen, dont la bourse est de 20 000 dollars quand Mancini est assuré, avant même le premier coup échangé, de garnir a minima son compte en banque de 250 000 dollars.

Jamais Kim n’avait mis les pieds en Amérique. « Vegas était entièrement éclairée. C’était comme arriver dans un jardin de fleurs en plein désert. Nous n’avions jamais rien vu de pareil« , se souvient Yoon Gu Kim, son coach, interrogé par l’AFP. « On dirait le paradis », s’émerveillait le boxeur. Sin City sera son enfer.

Avant d’être celui de sa mort, ce combat est celui d’une vie. Sa promise est enceinte et attend un fils pour le printemps. « Je vais gagner pour lui », jure Duk Koo Kim avant de s’envoler pour les Etats-Unis. Il a d’ores et déjà prévu d’acheter une maison à son retour qui, il en est persuadé, sera triomphal. Quelques jours avant le combat, il se promène avec une drôle de boîte qui se révèle être un cercueil miniature. Il le dépose à la salle et dit à son coach : « Je vais y mettre Mancini dedans ». L’un des abat-jours de sa chambre d’hôtel est aussi affublé d’une inscription prémonitoire qui, avec le recul, fait froid dans le dos : « Tuer ou être tué ».

Mancini et Kim se retrouvent le 13 novembre, par une fin d’après-midi ensoleillée. Ce qui frappe, c’est que les deux hommes se ressemblent. Même gabarit, même garde, basse. Seule différence : Mancini est droitier, Kim gaucher. Ce qui fera dire au manager de l’Américain, Dave Wolf, quelques minutes après la victoire de son poulain : « C’était comme voir Ray combattre face à un miroir. J’espère que les gens qui disaient que Kim ne valait rien ont été impressionnés ».

Impressionnés, ils l’ont forcément été car le Sud-Coréen s’est battu comme personne durant les 39 minutes et 19 secondes qu’a duré le combat. Durant les dix premiers rounds, Kim a sacrement malmené Mancini, qui en porte les stigmates. Une oreille ouverte dès la troisième reprise, une main gauche enflée plus que de raison et un œil gauche bien verni sont les preuves tangibles de la rudesse du combat et de la résistance de Kim.

Mais si les observateurs ont été bluffés par l’inconnu venu de l’autre rive du Pacifique, ils sont désormais inquiets. Parce que le valeureux a quitté la scène sur un brancard, poitrine et jambes sanglées. Et sans aucun signe de vie.

39 coups de suite, zéro réponse

Dès le onzième round, Mancini a commencé à prendre la mesure de son challenger. Le treizième est resté dans les esprits pour avoir été le théâtre d’un massacre en règle : Kim encaisse 39 coups de suite, sans broncher. Il est au bord du précipice. Mais s’accroche toujours et encore. Il est trop fier et affamé pour renoncer. A l’orée du dernier round de sa vie, son coach lui susurre dans le coin : « Il te reste deux rounds. Donne tout ce que tu as encore en toi ». Kim opine. « Je vais le faire ». Ce seront ses derniers mots.

Dix-neuf secondes plus tard, Duk Koo s’étale de tout son long sur le ring, sonné par une énième droite de Ray Mancini. Il se relève en titubant, s’aidant tant bien que mal des cordes, alliées de circonstances. Ses jambes le portent. Mais l’arbitre du combat, Richard Green, arrête les frais. « Il n’était plus là », expliquera-t-il après la rencontre. Ray Mancini conserve son titre au terme du combat le plus difficile de sa carrière. Bientôt, il deviendra le plus cruel. Murphy Griffith, son coach, le lui apprend rapidement : « Ça ne sent pas bon, il ne va pas survivre ».

Dans l’intervalle, Kim a été transporté d’urgence à l’hôpital de Desert Springs. Sur le chemin, il ne respire quasiment plus, à raison de quatre fois par minute – quand un cycle normal oscille entre 12 et 20 fois toutes les 60 secondes. Un caillot de sang s’est formé dans son cerveau. Comment ? Le neurochirurgien qui opérera – en vain – le boxeur sud-coréen diagnostiquera qu’il a été causé par “un énorme coup de poing à la tête”.

Selon lui, les 39 coups de suite reçus dans la treizième reprise y sont étrangers. « On m’a dit qu’il s’était battu comme un lion pendant le treizième round. Eh bien, personne ne pourrait y parvenir avec un caillot de sang dans le cerveau », détaille-t-il. Plongé dans le coma, Kim est rapidement condamné. Maintenu en vie par un respirateur artificiel, il sera débranché quatre jours après le combat, le 17 novembre.

Suicide au pesticide

A quelques milliers de kilomètres de là, sa compagne n’est pas devant la télévision. Mais chez des amis. Dans un premier temps, elle ne voulait pas regarder le combat. Et puis elle craque et demande à allumer à la télévision. Elle est cassée, lui disent ses hôtes. Elle échappera à la boucherie. Pas au cauchemar. Durant des années, elle cachera à son fils Jiwan la mort de son père, lui répétant inlassablement qu’il est parti à l’étranger pour travailler. La date de son retour ? « L’année prochaine », invariablement. Jusqu’à ses 8 ans et la révélation de la cruelle vérité par des petits copains, le fils de Duk Koo Kim vivra dans le mensonge.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, Jiwan n’a pas non plus connu sa grand-mère paternelle. Détruite par la mort de son fils, celle-ci décide de mettre fin à ses jours trois mois après le décès de Duk Koo, en avalant une bouteille de pesticide. L’arbitre du match, Richard Green, se suicidera lui au début de l’été. Personne ne sait aujourd’hui si celui qui avait également dirigé le combat entre Mohamed Ali et Larry Holmes a tiré le rideau sur sa vie en raison du drame de Vegas. Il n’en reste pas moins que la proximité et la concordance des événements est troublante. Le battement d’ailes du papillon a engendré le chaos.

« Il est mort une fois. Moi, je me sens mourir tous les jours, confessera bien plus tard Ray Mancini. Quand vous êtes boxeur, vous développez du respect pour votre adversaire et j’avais tout le respect du monde pour ce gars. Je voulais juste gagner un combat. Je n’ai jamais voulu lui faire du mal. » Dans les semaines qui suivent le drame, Ray Mancini passe par tous les états et oscille entre tous les sentiments. Il songe même à ranger les gants au placard. Il continuera, tant bien que mal. Mais le mal est fait.

A 21 ans, Mancini a déjà sa carrière derrière lui. Ses huit derniers combats s’étireront sur dix ans pour un bilan équilibré (4 victoires, 4 défaites). Loin des standards d’un personnage qui n’a jamais trouvé la paix intérieure, même si le fils de Duk Koo Kim l’a absous lors d’une rencontre organisée trente ans après. « Ce n’était pas de votre faute. Vous méritez, votre famille et vous, d’être heureux désormais. »

« Il n’a jamais été le même après ça », regrette Bob Arum, promoteur du triste combat et des grands rendez-vous de la carrière de Mancini. « Il n’a jamais retrouvé le même entrain ni le même enthousiasme. Il n’était plus le boxeur qui lâchait ses coups sans retenue »

La fin des 15 rounds

Si le drame du 13 novembre 1982 a changé le destin de deux familles et assombri bon nombre d’existences, il a également eu des répercussions sur l’histoire du sport. Parce que la boxe a changé après le carnage de Vegas.

Sous le coup de l’émotion et ravagé par ce qu’il a vu au Caesars Palace, Bob Arum prône une suspension pure et dure du noble art ou, à défaut, suggère que les combattants soient protégés par des casques et porteurs de gants rembourrés. La WBC, première fédération à prendre conscience de l’ampleur du problème, ne suit pas les recommandations du célèbre promoteur mais, dès la fin de l’année 1982, change la donne et décide, notamment, de donner plus de latitude aux arbitres, leur permettant de compter un boxeur quand bon leur semble.

Surtout, la WBC – qui y songeait déjà – met fin aux combats en quinze rounds. Ils étaient la norme jusque-là. La distance, ce sera douze rounds désormais. Pourquoi douze ? Parce qu’une étude scientifique tend alors à prouver que les dégâts subis par les cerveaux des combattants interviennent principalement entre la 13e et la 15e reprise. Cela n’ira pas sans réticence. Mais la WBA, organisatrice du combat qui a tout changé, et l’IBF lui emboiteront le pas avant la fin de la décennie. Trop tard pour Kim. Trop tard pour Mancini.

 


 

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