Bob Arum évoque les contrôles antidopage ratés de Chavez Jr., de Tony Yoka, et peste contre les combines d’Eddie Hearn

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Les anciens champions du monde Daniel Jacobs et Julio Cesar Chavez Jr. seront en action dans la soirée du vendredi 20 décembre. Le combat aura lieu dans la catégorie super-moyens au Talking Stick Resort Arena à Phoenix, Arizona

L’ancien champion IBF / WBA des poids moyens Jacobs (35-3 29 KOs) a décidé de grimper d’une catégorie à la suite de sa défaite à l’unanimité des 12 rounds contre Saul Canelo Alvarez en mai dernier à Las Vegas. Malgré le score, le combat était plutôt compétitif.

Danny Jacobs espère se réinventer chez les super-moyens

Jacobs, 32 ans, aurait pu gagner ce combat s’il avait été plus agressif, moins craintif, surtout au premier tour. Même les scores des trois juges étaient très serrés: 116-112, 115-113, 115-113. Jacobs passe au poids super-moyen parce qu’il pense que c’est une catégorie de poids dans laquelle il aura la vie plus facile que quand il était chez les poids moyens, et qu’elle lui apportera plus de force. Nous verrons dans deux jours si quelque chose va changer.

Pour beaucoup de combattants, ils croient à tort que l’herbe sera plus verte quand ils grimperont de poids. Mais ils découvrent rapidement qu’ils ne sont pas meilleurs qu’ils ne l’étaient dans la division précédente. Cela pourrait être le problème de Jacobs ce vendredi. Son souci est qu’il ne se bat pas assez fort dans la première moitié de ses combats, et cela lui pose à chaque fois problème depuis longtemps.

Jacobs contre Chavez Jr. est plus un combat de type commercial que sportif, car il s’agit d’un match entre deux gars qui sont tous les deux de part et d’autre du spectre. Chavez Jr. n’est classé dans le top 15 par aucun organisme, et sa carrière ne s’est jamais rétablie depuis sa perte par décision unilatérale de 12 rounds contre Sergio Martinez en 2012.

À toutes fins utiles, les petits moments de gloire de Chavez se sont terminées par une perte embarrassante face à Martinez il y a sept ans. Depuis ce combat, c’est une course vers le bas pour Chavez Jr., qui est le fils de la légende de la boxe mexicaine Julio Cesar Chavez.

Contrairement au père, le fils n’est pas doté d’autant de talents. Bien qu’il ait trouvé un certain succès chez les poids moyens en 2011 et en 2012, il a pu l’obtenir grâce à un matchmaking très soigneux, et un avantage de taille énorme sur ses adversaires. Il faut se rappeler qu’à l’époque, Chavez Jr. était déjà énorme pour la division des poids moyens. Mais il arrivait à fondre comme un zombie jusqu’à tomber malade. Une fois réhydraté, il se retrouvait avec un avantage de taille considérable sur plusieurs de ses adversaires qu’il frappait avec la gauche et la droite.

Arum livide au sujet du combat entre Jacobs et Chavez Jr.

« Je pense que tout promoteur qui essaie de faire boxer un combattant suspendu par une Commission aux États-Unis devrait se voir retirer sa licence et ne plus être autorisé à le promouvoir », a déclaré le promoteur Bob Arum à SerEbro EnlosDeportes en faisant allusion à Eddie Hearn sans le nommer. «Si nous ne respectons pas les lois et ne respectons pas la loi de Mohammed Ali [qui se dopait lui-même, NDLR], alors nous n’avons rien et ne sommes bons à rien. »

« Je me fiche de savoir d’où vient ce gars [Hearn] », a lâché Arum. «Son excuse est qu’il vit hors du pays, mais nous ne sommes pas en Grande Bretagne et il devrait connaître les règles de ce pays et surtout les respecter. Si le Nevada a suspendu un combattant, ce n’est pas la peine de vous rendre dans un autre Etat pour essayer d’obtenir une autorisation pour que votre drogué puisse se battre. Vous ne pouvez pas faire ça, sinon ça détruit le sport. »

« La Commission du Nevada a agi de manière appropriée en ce qui concerne Chavez, car selon les règles de la Commission, quand un boxeur est annoncé positif, la Commission a compétence de le mettre de côté. Vous ne le savez peut-être pas, mais beaucoup de combattants prennent des drogues améliorant leur performance. Ensuite ils l’effacent de leur système avant la conférence de presse », a déclaré Arum.

Le grand promoteur de boxe Bob Arum n’est pas content que Chavez Jr. n’ait pas accepté d’être testé récemment par VADA lorsqu’il était à Las Vegas. En conséquence, Chavez Jr. a été suspendu par la Commission sportive de ce même Etat. Mais curieusement, Chavez Jr va quand même se battre ce 20 décembre, grâce aux combines de son promoteur Eddie Hearn. Le patron de Matchroom a contre vents et marées réussi à obtenir l’autorisation d’organiser le combat Jacobs-Chavez Jr. en Arizona, où il a été approuvé, et non dans le Nevada où il a été refusé.

Arum: « Chavez Jr. a refusé les tests »

« Ils ont envoyé une personne du Nevada au camp d’entrainement de Chavez, le camp Wildcard« , a déclaré Arum. « Le gars [le testeur de VADA] a attendu toute la journée, et Chavez a refusé d’être testé. Une fois qu’il a exclu de se soumettre, c’est devenu un motif clair de suspension, et c’est ce que la Commission du Nevada a fait. Mais Eddie Hearn a fait le tour des Etats et des Commissions et le combat a fini par être autorisé par la Commission de l’Arizona, ce qui est une violation de la loi fédérale. Autoriser le combat est quelque chose d’odieux. Et quiconque se soucie de l’avenir de la boxe devrait ouvrir sa gueule et afficher clairement son désaccord pour faire entendre sa voix et sauver la boxe. »

« Je n’ai aucune idée s’il avait pris quelque chose ou pas, a déclaré Arum, mais si vous êtes réclamé par une autorité officielle pour être testé et que vous refusez de passer le test, eh bien c’est l’équivalent d’un test sale, c’est tout », a poursuivi Arum.

«Si le promoteur persiste à faire le combat dans une autre juridiction, je pense que la Commission du Nevada peut et doit suspendre la licence d’un promoteur, la n°1 et la n°2. Il n’a pas réussi à passer un test de dépistage de drogues qu’il devait passer, il doit donc être suspendu, il n’y a rien d’autre à faire », a déclaré Arum en discutant de son point de vue sur Chavez Jr.

Si Hearn n’est pas en mesure d’organiser des événements aux États-Unis, on ne sait pas si cela lui ferait beaucoup de mal, car il trouvera toujours un moyen de continuer à organiser de grands combats un peu partout dans le monde. Il peut les emmener au Canada, au Mexique voisin et même en Arabie Saoudite. Il y a aussi le Royaume-Uni, où Hearn vit, et où il opère principalement en toute impunité.

Hearn ne savait pas que Chavez Jr. refuserait le test

« Regardez le gamin français, Tony Yoka, qui était le grand champion olympique », a déclaré Arum qui veut avoir Yoka chez Top Rank. «Il a raté trois tests de dépistage de drogues. Je sais qu’il est propre. Je connais ce garçon, il est totalement propre. Il l’ont raté car il avait autre chose à faire. La Commission française l’a quand même suspendu pendant un an. Bien qu’il aurait pu aller ailleurs et se battre, il a agi en homme responsable et a déclaré: « Je ne vais pas me battre jusqu’à ce que ma suspension soit terminée avec la Commission française. »

Arum peut bien dire que Tony Yoka était propre. Mais il y a eu quand même trois tentatives de contrôle. Aucune n’a abouti. Comment Arum peut-il soutenir que Yoka était propre alors que le Mexicain, tout comme le Français, n’ait pas été contrôlé? Même si Arum ne dit pas que Chavez Jr. était positif, il le laisse entendre, et semble beaucoup plus compréhensif envers Yoka qu’envers Chavez Jr. Pour qu’il soit crédible, le patron de Top Rank ferait mieux d’appliquer à Tony Yoka ce qu’il déplore dans l’affaire Chavez Jr, et d’essayer de nous expliquer pourquoi la carrière de Tony Yoka ne décolle toujours pas.

A LIRE : Dopage : le boxeur français Tony Yoka suspendu un an avec sursis

« Lorsqu’il s’est battu, Chavez était un combattant autorisé », a déclaré Arum. «Hearn ne savait pas que Chavez refuserait de passer le test. Il ne connaît pas les lois des États-Unis. Il les ignore totalement, ça arrive. Hearn est un gars qui opère sous la direction du British Board of Boxing Control, qui n’est pas une agence. C’est un groupe, c’est une organisation mise en place par les promoteurs eux-mêmes. Par conséquent, il a des règles et des normes différentes de celles des commissions aux États-Unis, qui sont des entités gouvernementales », a déclaré Arum. « Vous voyez la différence? »

On la voit, en pensant notamment à Dillian White lequel, bien que positif, a non seulement pu se battre contre Oscar Rivas, mais il a été déclaré vainqueur et a fini ensuite par être blanchi par cette même British Board of Boxing Control.

Chavez Jr. maintient que son combat avec Jacobs n’était pas une affaire conclue lorsque les gars de VADA sont venus le contrôler. Il avait donc l’impression qu’il n’y avait aucune raison pour qu’il soit testé à ce moment-là. Le problème, c’est que tous les sportifs qui se dopent disent ça. Quand on n’a rien à se rapprocher, on accepte d’être contrôlé. Chavez Jr. répète à qui veut l’entendre que si le combat avait été signé, il n’aurait eu aucun problème à accepter d’être testé par VADA. Mais cela n’a pas été le cas.


 

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