Coronavirus – Covid 19: le chaos s’abat sur l’industrie de la boxe / La situation en France

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Une pandémie mondiale oblige actuellement la boxe à nager dans des eaux boueuses, comme c’est le cas pour tous les autres sports. Les autorités en France, qui viennent de se réveiller alors que l’Italie frontalière est ravagée par la pandémie depuis des semaines, mettent malheureusement tout sur le dos de la population, en regrettant le manque de prise de conscience de leurs citoyens. La situation en Italie aurait dû faire réagir le gouvernement français il y a plusieurs semaines.

Le coronavirus a provoqué le chaos dans le monde, en bouleversant les calendriers sportifs. La boxe bien sûr n’y a pas échappé. Le calendrier des combats de boxe est complètement perturbé, et il est probable que les choses vont s’aggraver avant de voir poindre une amélioration.

Cela a commencé en Chine, mais plusieurs pays sont concernés, verrouillés, et les populations confinées. Le décompte des personnes contaminées bondit et le nombre de morts augmente considérablement.

L’année de boxe a commencé de manière optimiste, mais avec les nombreuses saisons sportives, les tournois et autres événements suspendus, le monde de la boxe réagit comme il peut.

Le combat de Shakur Stevenson et Miguel Marriaga, au Hulu Theatre du Madison Square Garden de New York, samedi, devait à l’origine se poursuivre devant des sièges vides. Ensuite il a été reporté.

Le grand spectacle au même endroit mardi, le jour de la Saint-Patrick, mettant en vedette l’invaincu irlandais Michael Conlan contre le colombien Belmar Preciado, devait se dérouler également à huis clos, sans public, mais il a été reporté aussi.

Conlan est un boxeur très expérimenté qui a combattu dans le monde entier chez les amateurs. Il a l’une des bases de fans les plus bruyantes du monde, il n’aurait pas eu l’atmosphère de fête habituelle le soir du combat.

«Ce n’est pas nouveau pour moi», a déclaré Conlan sur l’éventualité de se battre devant une arène déserte. «Je vais juste y aller et faire ce que j’ai à faire. Cela peut être un peu bizarre dans une arène vide, mais j’ai travaillé dur, donc j’ai envie de faire le travail et je vais y arriver. »

Quelques heures plus tard, le spectacle est annulé.

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La PBC [Premier Boxing Champions] a également retiré son émission de ce week-end, qui devait voir James Kirkland se battre contre Mark Hernandez au MGM National Harbor à Oxon Hill, dans le Maryland.

Sur la côte ouest, la carte Golden Boy du 29 mars mettant en vedette l’invaincu Vergil Ortiz et Samuel Vargas a été reportée après que la California State Athletic Commission ait annulé tous les sports de combat jusqu’à la fin du mois de mars.

La carte Matchroom en Italie du 27 mars avec Devis Boschiero et Francesco Patera a été l’un des premiers événements à être annulé.

Top Rank a déclaré que Naoya Inoue était en transit pour son combat avec John Riel Casimero le 25 avril, prévu pour le Mandalay Bay à Las Vegas, mais qu’il pourrait se faire dans un studio vide.

Au Royaume Uni, Matchroom a déclaré que leurs événements étaient toujours en cours. Dereck Chisora ​​et Oleksandr Usyk se sont rencontrés aujourd’hui pour annoncer leur date du 23 mai, mais les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils rembourseraient bien sûr tous les clients si les spectacles ne se déroulaient pas.

Matchroom Boxing a annoncé de grands événements pour mai et juin, avec Dillian Whyte et Alexander Povetkin le 2 mai à Manchester, Anthony Joshua et Kubrat Pulev au Tottenham Hotspur Stadium le 20 juin, tandis qu’un communiqué de Queensberry venait de tomber annonçant que le très attendu combat du 11 avril entre les deux poids lourds, Daniel Dubois et Joe Joyce, se déroulera comme prévu. Mais il y a de fortes chances que le gouvernement britanniques annonce des mesures de restriction dans les heures qui viennent.

« Conformément à la position stoïque du gouvernement aujourd’hui, nous restons toutefois optimistes pour présenter une incroyable soirée de boxe à une foule bondée à l’OS2 et il ne reste que quelques billets », indique le communiqué.

D’énormes événements, notamment les Championnats d’Europe de football, qui se déroulent tous les quatre ans, et les Jeux olympiques – également tous les quatre ans – pourraient être retardés de plusieurs mois, voire d’un an et peut-être même de deux ans pour permettre l’éradication ou le contrôle du virus.

La boxe n’a jamais rien connu de tel. Le sport n’a rien connu de tel.

Il n’y a pas de solution miracle et il n’y a pas de vraie réponse pour l’instant. Nous sommes face à une pandémie qui balaie le monde et affecte les appareils sportifs de la terre entière.

Cela doit être terriblement éprouvant pour les combattants et les sportifs qui s’entraînent dur depuis des semaines voire des mois, et qui vont perdre l’opportunité d’un salaire. En ces jours sombres, pensée pour les combattants qui font face à leur propre incertitudes par rapport à leur carrière.

C’est un combat mondial très réel. Il faut rester confinés, en sécurité, et si vous avez les moyens de vous isoler, mettez Bobby Chacon, Matthew Saad Muhammad, Arturo Gatti, Erik Morales, Tommy Hearns ou certains de vos autres combattants favoris.

La pandémie s’étend en Europe

En Espagne, il y a eu 2000 cas de plus et plus de 100 morts en moins de 24 heures. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé samedi soir la mise à l’isolement quasi total du pays. La France, elle, est désormais en phase 3 face à cette pandémie.

madridLes rues de Madrid, le 15 mars 2020

La situation en France est déjà très grave

L’épidémie a une «inertie» naturelle très importante. Les mesures de confinement prises aujourd’hui n’auront d’effet que dans 14 jours. Il faut donc déjà s’attendre au pire.

En France, nous ne savons pas sur quelles données précises le conseil scientifique qui murmure à l’oreille du gouvernement s’appuie exactement, mais le virage pris samedi soir par les autorités françaises laisse craindre le pire. Les mesures prises progressivement depuis deux semaines, qui avaient commencé par l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes et les appels au civisme et à l’adoption de gestes «barrière» (ne pas se faire la bise, ne pas se serrer la main, se laver les mains régulièrement, etc) ne semblent pas avoir eu les effets escomptés.

Ça n’est en effet qu’aujourd’hui que l’on devrait commencer à voir leurs premiers effets dans les chiffres de l’épidémie, étant donné l’inertie importante de ce coronavirus: les personnes sont contagieuses plusieurs jours avant de développer les premiers symptômes, et ces derniers mettent encore plusieurs jours avant de développer une forme suffisamment grave pour entrer dans les décomptes officiels. En Chine, il a fallu une dizaine de jours pour que les mesures drastiques de confinement fassent effet et cassent la dynamique exponentielle de l’épidémie.

En France: 9000 cas dans trois jours, 144.000 dans deux semaines

Cette dynamique, justement, n’a pour le moment pas bougé d’un iota en France. Le nombre de cas identifiés est aujourd’hui de 4500, a annoncé samedi soir le directeur général de la santé, le Pr Jérôme Salomon, en présence du Premier ministre français. Ce chiffre a donc doublé en 72 heures, ce qui veut dire que l’épidémie reste sur son rythme naturel. Faute de mesures fortes, les autorités françaises s’attendent à 9000 cas dans 3 jours, 18.000 cas dans 6 jours, 36.000 dans 9 jours, 72.000 dans 12 jours, 144.000 dans deux semaines. On parle là de gens suffisamment malades pour être officiellement comptabilisés dans les décomptes actuels. C’est à dire hospitalisés dans la majeure partie des cas.

Si l’on transpose cette dynamique sur les cas nécessitant un lit dans un service de réanimation, la France passera de 300 cas actuellement à 5000 dans deux semaines. Les personnes âgées, rappelons-le, ne sont pas les seules touchées: la moitié de ces cas graves ont moins de 60 ans. Si les patients s’en sortent le plus souvent pour le moment, c’est parce qu’ils bénéficient de traitement de réanimation (ventilation). Or la France ne dispose que de 5000 lits, et la plupart sont déjà occupés. Impossible d’absorber 5000 cas de plus en deux semaines. C’est déjà largement au-dessus des capacités des hôpitaux français, déjà débordés dans les régions les plus touchées. La mortalité imputable au coronavirus pourrait alors s’envoler.

Provoquer une prise de conscience

Les mesures qui ont été prises cette semaine auront peut-être permis d’atténuer un peu ces chiffres, mais la prise de conscience n’a semble-t-il pas été assez forte en France. Comme chacun a pu l’observer autour de soi, peu de gens les ont pris au sérieux. Et ce retard dans les prises de conscience risque bien de s’avérer dramatique.

Poursuivons le décompte macabre, si la dynamique n’est pas brisée: on en comptera en France 300.000 cas dans 18 jours, 600.000 dans trois semaines. Dans un mois, 5 millions de personnes pourraient être atteintes par le Covid-19 dans une forme suffisamment sérieuse pour être prises dans le décompte actuel du nombre de cas. Il est de la responsabilité de chacun de faire acte de civisme pour que cela ne devienne pas une réalité, en limitant au maximum ses interactions sociales.

Les mesures draconiennes prises aujourd’hui par le gouvernement français vont peut-être permettre cette fois-ci de casser l’épidémie, mais il faudra attendre au moins dix jours pour le savoir. En attendant, tout le monde doit participer à cet effort collectif. Chacun peut à son niveau sauver des vies. Le Pr Salomon [vidéo] l’a encore rappelé très justement: « ce n’est pas le virus qui circule dans la population. Ce sont les hommes et les femmes qui le font circuler. Vous, moi, tout le monde. »

Nous avons plus peur du coronavirus que du bouleversement climatique

carte Nasa - Copie

« En Chine, la baisse de la pollution va épargner
plus de vies humaines que le virus en aura coûté. »

C’est l’une des conséquences de l’épidémie de Coronavirus, qui a frappé la Chine avant de se propager dans de nombreux autres pays, dont la France : les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air sont en certains endroits en très nette baisse. Selon une estimation publiée par Carbon Brief, les émissions de la Chine ont ainsi chuté d’au moins un quart entre le 3 février et le 1er mars comparé à 2019, du fait de la baisse de la production. Et selon la Nasa, les émissions de dioxyde d’azote (NO2) ont elles diminué de 10 % à 30 % par rapport à la même période en 2019, près de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, puis dans d’autres régions du pays.

Peut-être faut-il voir dans cette crise sanitaire une opportunité pour changer de modèle de développement. Qu’est-ce que cette crise dit de nos sociétés ultra industrialisées? Pourquoi avons-nous plus peur du coronavirus que du bouleversement climatique? Peut-être que cette crise sera une opportunité pour changer notre modèle de développement et de consommation.


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